HOLLYWOOD (Etats-Unis), 28 fév (AFP)

"Mar adentro", un film plaidoyer en faveur de l'euthanasie
user posted image


Le long-métrage espagnol "Mar adentro" qui a remporté dimanche l'Oscar du meilleur film étranger est un plaidoyer émouvant, inspiré d'une histoire vraie, sur le droit à mourir dans la dignité.


"Cette récompense va à Ramon Sampedro" dont le combat pour mourir dignement a inspiré ce film, a affirmé le réalisateur espagnol d'origine chilienne Alejandro Amenabar, 32 ans, connu aux Etats-Unis pour la mise en scène du film fantastique "Les Autres" avec Nicole Kidman.


"Mar adentro" avait déjà été primé à Venise (Lion d'Argent). Ce film avait aussi dominé la dernière édition des Goya, les plus hautes récompenses du cinéma espagnol, remportant 14 prix, dont ceux du meilleur film, de la meilleure mise en scène et des meilleurs acteur et actrice.


"Mar adentro" raconte une histoire vraie, celle de la lutte menée pendant 30 ans par Ramon Sampedro, un tétraplégique espagnol, pour gagner le droit de mettre un terme à sa vie. Le film a été le grand succès de l'année en 2004 en Espagne avec 3,8 millions d'entrées.


Devenu paralysé des quatre membres en 1968, à l'âge de 25 ans, après s'être brisé la colonne vertébrale en tombant sur un rocher, Ramon Sampedro - campé par l'acteur Javier Bardem - a mené un long combat en justice pour obtenir le droit à mourir dans la dignité. En vain.

user posted image


Finalement, en 1998, il avait conçu un plan pour mettre fin à ses jours en absorbant du cyanure grâce à l'aide de plusieurs personnes.


Pendant ces années, Sampedro était devenue une cause célèbre en Espagne. Il avait notamment publié un recueil de poèmes pour dire la douleur de vivre et l'humiliation de la dépendance.


Le film a parfois du mal à éviter les écueils du sentimentalisme mais est porté par une nuée d'acteurs remarquables.


Ces dernières semaines, l'affaire Sampedro a connu de nouveaux rebondissements. Une de ses amies, Ramona Maneiro, a reconnu avoir donné à Sampredo un verre d'eau et du cyanure.


Alors qu'elle ne risque plus aujourd'hui de poursuites judiciaires en raison de la prescription, elle a expliqué que dans sa vie elle avait fait "deux choses par amour: avoir un enfant et aider Ramon". "Il me dirigeait, j'étais ses mains", a-t-elle dit à la chaîne privée espagnole Tele Cinco.


Le cyanure ne lui a pas offert "la mort idéale dont il parlait tant", a-t-elle témoigné. L'agonie, filmée en vidéo à la demande de Sampedro, a duré une vingtaine de minutes.


Aujourd'hui, le débat sur l'euthanasie n'a pas avancé en Espagne où cette pratique demeure interdite.