Robert Cox, ancien directeur du Buenos Aires Herald, qui a été le correspondant de journaux comme le Washington Post entre 1968 et 1979, venu témoigner au procès de l'ex-militaire argentin Adolfo Scilingo, jugé à Madrid pour génocide, torture et terrorisme, a déclaré vendredi qu'une «machine à tuer» était en place en Argentine sous la junte (1976-1983).
Il a assuré qu'il s'agissait pour les militaires «de supprimer ceux qui n'étaient pas d'accord avec eux».
Le Buenos Aires Herald a été un des rares journaux à dénoncer les disparitions sous le régime militaire. Robert Cox a dû quitter le pays à la suite de menaces de plus en plus pressantes, et avait même été emprisonné pendant quelques jours.
«Les gens niaient ce qui se passait. Beaucoup acceptaient les disparitions. Il en a fallu du courage aux Mères» (de la Place de Mai), a-t-il relevé. Mais «la plupart des gens niaient ce qui était en train d'arriver».
L'ESMA, où Scilingo a été affecté de 1977 à 1978, a été l'un des principaux centres de détention et de torture de cette époque. Y passèrent 5000 des quelque 30 000 prisonniers et disparus sous le régime militaire.
Au total 6626 années de prison ont été requises contre Scilingo dont le procès reprendra mardi avec de nouveaux témoins.