Le juge Jorge Urso a lancé mardi un mandat d`arrêt international à l`encontre de l`ex-président argentin Carlos Menem, réfugié depuis plusieurs mois au Chili voisin, pour le contraindre à venir témoigner sur les conditions d`attribution d`un contrat de construction de prisons.
Le juge Urso souhaite obtenir l`extradition de M. Menem "pour s`être refusé à comparaître devant les tribunaux", ont indiqué à l`AFP des sources judiciaires.
M. Menem avait été convoqué mardi 20 Avril par le juge pour apporter son témoignage. L`ancien président péroniste, qui avait déjà obtenu trois reports de ce rendez-vous, avait indiqué par avance qu`il ne se rendrait pas à la convocation.
L`ex-président argentin, âgé de 73 ans, a déclaré dimanche à un journal chilien qu`il redoutait de "passer sa vie en prison" s`il revenait au pays.
Il y affirmait aussi qu`il faisait l`objet d`un acharnement judiciaire, de nature politique.
"Je ne veux pas courir le risque d`une sentence capricieuse d`un juge. J`ai déjà été détenu trois fois", avait-il fait valoir au quotidien El Mercurio, en mélangeant ses arrestations pour faits politiques (sous la dictature) et celles de droit commun.
De fait, M. Menem fait actuellement l`objet de quatre procédures différentes, mais toutes liées à des affaires de corruption et d`enrichissement illégal.
M. Menem, qui dirigea l`Argentine de 1989 à 1999, avait joué sa dernière carte un peu plus tôt dans la journée en demandant la récusation du juge qu`il accusait de "partialité" et d`"hostilité manifeste" à son encontre.
Le juge Urso avait placé M. Menem en résidence surveillée pendant 167 jours en 2001 dans une autre affaire, un trafic d`armes de guerre à destination de la Croatie et de l`Equateur.