Le 31 mars 1964, à la suite d'un coup d'État militaire, le Brésil plongeait dans une longue dictature de 21 ans. Quarante ans plus tard, les Brésiliens se sont rappelé l'événement, avec des émissions spéciales, des expositions et des séminaires de réflexion.
Mais cette commémoration a réveillé de vieux démons. Le commandant de l'armée, le général Francisco Roberto Albuquerque, s'est adressé aux militaires en louangeant le courage des soldats qui avaient participé au renversement du président de gauche Joao Goulard.
Pour plusieurs analystes, c'est la preuve que l'armée n'a pas reconnu sa culpabilité pour ces années de plomb où la torture et les exécutions extrajudiciaires ont fait 288 morts.
L'armée a toujours affirmé que le coup d'État avait été nécessaire pour combattre l'expansion communiste, au lendemain de la révolution cubaine de 1959.
En 1979, une loi d'aministie générale a permis aux millitaires d'échapper aux poursuites judiciaires pour des crimes commis sous la dictature.
Ce n'est qu'à la fin des années 1990 que les familles des morts et des disparus ont pu recevoir une compensation de 80 000 $ par famille.
Les Brésiliens sont aujourd'hui prêts à tourner cette page sombre de leur histoire, avec la confiance que leur pays est bien ancré dans une société de droit démocratique.