Le nouveau gouvernement haïtien, où ne figure aucun allié du président déchu Jean-Bertrand Aristide, a prêté serment mercredi au cours d'une cérémonie placée sous très haute protection de l'armée américaine.
"Le rôle des partis politiques ne se résume pas à réclamer des postes au gouvernement", a déclaré le nouveau Premier ministre, Gérard Latortue, dans un discours peu axé sur la réconciliation nationale, mais plutôt sur la lutte contre la corruption et les principes de bonne gouvernance.
"Mais une fois installé ce gouvernement, les partis politiques doivent travailler avec lui et avec toutes sortes d'organisations pour déterminer la direction que devra prendre ce gouvernement", a-t-il poursuivi.
L'exclusion du parti de la Famille Lavalas, la formation du président déchu, pourrait cependant renforcer la colère de ses partisans et accroître le fossé les séparant des nouvelles autorités.
D'autant, notent des analystes, que plusieurs membres du nouveau gouvernement sont des proches des groupes d'opposition à l'origine des manifestations qui ont précédé l'insurrection armée fatale au régime d'Aristide.
Dans un entretien accordé à Reuters, Leslie Voltaire, ancien ministre de Jean-Bertrand Aristide, a affirmé qu'"il n'y avait aucun climat de réconciliation".
"Nous sommes menacés, nous ne pouvons pas nous réunir, il y a une chasse aux sorcières contre le Lavalas", a ajouté l'ancien ministre chargé des Haïtiens vivant à l'étranger.
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