L'ancien dictateur guatémaltèque Efrain Rios Montt (1982-83) va devoir répondre devant la justice de la mort en juillet 2003 d'un journaliste. Celui-ci avait été poursuivi par ses partisans lors d'une violente manifestation.
Le juge Victor Hugo Herrera a indiqué lundi à la presse que trois chefs d'inculpation ont été retenus contre M. Rios Montt: complicité de meurtre avec préméditation, pression et menaces. Il a été laissé en liberté mais s'est vu interdire le droit de quitter le territoire, a précise le magistrat.
L'ex-dictateur, âgé de 77 ans, est soupçonné d'avoir ordonné à ses partisans de manifester violemment les 24 et 25 juillet 2003 afin qu'il puisse s'inscrire comme candidat à l'élection présidentielle du 9 novembre dernier. Poursuivi par des inconnus lors de la première journée des manifestations, le journaliste Hector Ramirez, 60 ans, était mort d'un arrêt cardiaque.
Candidat du Front républicain guatémaltèque (FRG, droite), Rios Montt était arrivé troisième de l'élection présidentielle. Il avait perdu son immunité parlementaire à la fin de son mandat le 14 janvier dernier. Sept autres personnes sont concernées par la même affaire, dont l'ancien ministre de l'Intérieur, Adolfo Reyes, et l'ancien chef de la police nationale, Raul Manchame.
Quelque 17 000 hommes, femmes et enfants sont morts ou ont disparu durant les 16 mois de présidence de Rios Montt en 1982-1983.