BUENOS AIRES - La justice argentine a ordonné le gel de tous les biens de l'ancien président Carlos Menem. Ce dernier est accusé de fraude fiscale pour ne pas avoir déclaré 600 000 dollars qui se trouvent sur un compte bancaire en Suisse.

Carlos Menem, dont la présidence de 1989 à 1999 a été marquée par des soupçons de corruption, a reconnu l'existence d'un compte en Suisse. Mais il estime n'avoir pas enfreint la loi, le compte étant aux noms de son ex-femme Zulema Yoma et de leur fille Zulema Menem.

L'ancien président avait été inculpé en décembre dernier à Buenos Aires pour avoir omis de déclarer au fisc ce compte, ouvert dans une succursale de l'UBS à Genève.

Le juge Norberto Oyarbide a d'ores et déjà interdit la vente de tous les biens que Carlos Menem possède en Argentine. Il veut obtenir une estimation de leur valeur, notamment d'une luxueuse propriété de Buenos Aires et de trois avions privés.

Le juge Oyarbide est venu en Suisse la semaine dernière avec d'autres magistrats enquêtant sur les fonds secrets de l'ex-président. Les discussions ont porté les différentes affaires dans lesquelles Carlos Menem serait impliqué.

Il s'agit notamment de l'attentat contre une mutuelle juive en 1994 dans la capitale argentine, où l'ex-président est accusé d'avoir touché dix millions de dollars de la part de Téhéran pour taire le rôle de l'Iran, ainsi que d'un trafic d'arme vers l'Equateur et la Croatie.

La justice genevoise a par ailleurs entamé une enquête pour blanchiment d'argent impliquant l'ancien dirigeant. Au total, la Suisse a reçu huit demandes d'entraide judiciaire de l'Argentine. Selon M. Oyarbide, la juge genevoise Christine Junod, en charge du dossier, examinerait les comptes d'une soixantaine de personnes.