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Version complète : Intenses tractations en Haiti
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L'opposition politique et civile au président Jean-Bertrand Aristide et la communauté internationale tentaient lundi soir de trouver un compromis.

Des tractations intenses étaient menées lundi entre l'opposition politique et civile au président haïtien Jean-Bertrand Aristide et la communauté internationale pour trouver un règlement à la crise en Haïti, pays qui est désormais pour moitié sous l'emprise d'insurgés armés.
L'opposition, qui refuse jusqu'à présent un plan international de règlement de la crise ne prévoyant pas un départ du chef de l'Etat, a jusqu'à lundi 17h00 (22h00 GMT) pour faire part de sa position par écrit.
Dans la matinée, de multiples tractations avaient lieu alors que les Etats-Unis renforçaient par une cinquantaine de personnes, la sécurité de leur ambassade à Port-au-Prince.
La communauté internationale (Etats-Unis, France, Canada, Organisations des Etats Américains et Caricom, la communauté des pays de la Caraïbe) a soumis lundi à l'opposition une version amendée de son plan initial, approuvé samedi par le président Aristide. Selon des diplomates, il prévoit désormais un départ du chef de l'Etat s'il ne se conforme pas à ses engagements.

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Paris a souhaité hier que le président Jean Bertrand Aristide démissionne et insisté sur la nécessité d'un déploiement « immédiat » d'une force de paix en Haïti pour éviter le chaos dans ce pays en proie à une révolte sanglante.
Les responsables français souhaitaient dorénavant qu'une élection présidentielle se tienne avant l'été. Le ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin avait appelé M. Aristide à « tirer les conséquences de l'impasse » dans laquelle se trouve son régime.
Parlant d'un « régime qui s'est déjà affranchi de la légalité constitutionnelle », M. de Villepin a ajouté que « chacun voit qu'il s'agit d'ouvrir une nouvelle page dans l'histoire d'Haïti ». M. Aristide a été investi en 2001 et son mandat va jusqu'en 2006.
Soutien américain
Hier, le président américain George W. Bush, dont l'administration a pris ses distances avec le président Aristide, a estimé qu'une force de sécurité internationale pourrait être envoyée en Haïti seulement après un règlement politique à la crise. Le 19 février, le secrétaire d'Etat américain Colin Powell n'avait pas exclu un départ du président haïtien, mais à condition que cela se fasse dans le cadre constitutionnel et avec un accord politique.
Auparavant, l'opposition haïtienne avait exclu d'aller à Paris et rejeté l'idée d'une force internationale qui conforterait, à ses yeux, le pouvoir du président Aristide.
« L'envoi d'une mission de l'opposition en France est inopportun », avait estimé l'un des principaux opposants Micha Gaillard, au lendemain du rejet par l'opposition d'un plan international de sortie de crise laissant au pouvoir M. Aristide. « Ce qui se passe sur le terrain nous empêche d'y aller », avait-il précisé, en évoquant le mouvement insurrectionnel qui contrôle la moitié nord du pays.
« Si nous y allons, il n'est pas question de rencontrer à Paris une quelconque délégation du gouvernement Lavalas », le parti au pouvoir, avait affirmé M. Gaillard : « Si nous y allons, ce sera une délégation à caractère privé ».
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La France insiste : Jean-Bertrand Aristide doit «prendre ses responsabilités», c'est-à-dire abandonner la présidence de la République d'Haïti. Recevant hier, une heure durant, son homologue haïtien Joseph Philippe Antonio, Dominique de Villepin, le ministre français des Affaires étrangères, a répété ce message plutôt inhabituel dans les annales diplomatiques, où il n'est pas courant qu'un pays étranger demande le départ d'un chef de l'Etat élu au suffrage universel... Le ministre français a «souligné la totale convergence de vues qui existe à cet égard entre les Etats-unis, le Canada et la France», indique le Quai d'Orsay.


De fait, Bill Graham, le chef de la diplomatie canadienne, a confirmé hier que son pays souhaitait également le départ d'Aristide, alors que Colin Powell, le secrétaire d'Etat américain, demandait aussi au président haïtien d'«examiner avec soin» s'il devait rester en fonction ou démissionner. Malgré l'avancée des troupes rebelles sur Port-au-Prince, M. Aristide refuse toujours d'abandonner son palais : «Je quitterai le palais le 7 février 2006 (le terme de son mandat, NDLR)», a-t-il répété jeudi à CNN.

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[Edité le 28-2-2004 par americas]
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Déclaration du ministre des Affaires étrangères :

Le Président Aristide est parti : en démissionnant, le Président Aristide a tiré les conséquences de la situation. Après les épreuves tragiques subies par le peuple haïtien, la voie est ouverte à un retour à l'ordre constitutionnel et à la mise en place d'une union nationale. Il faut maintenant que les combats cessent.

La France appelle toutes les forces politiques de Haïti qui veulent le retour à la paix et qui refusent la violence à se rassembler et à participer à la réconciliation nationale. Seul aujourd'hui doit compter l'intérêt du peuple haïtien.

La France est prête à prendre toute sa part dans la mobilisation de la communauté régionale et internationale qui doit désormais soutenir Haïti. Il faut sans retard mettre en place l'aide d'urgence humanitaire pour venir en aide à la population haïtienne.
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