QUITO - Les Indiens ont commencé à paralyser l'Equateur pour contraindre le pouvoir à abandonner sa politique qualifiée par eux de «néolibérale». Ils ont partiellement isolé deux villes, Latacunga et Ibarra, par des barrages de la route Panaméricaine.
Le conflit met aux prises le président Lucio Gutierrez, élu avec l'appui des aborigènes sur un programme de gauche en 2002, et ses ex-alliés Indiens. Ceux-ci l'accusent d'avoir changé de programme au profit des classes favorisées.
Les Indiens ont ainsi bloqué lundi matin la route Panaméricaine à Latacunga, à 80 km au sud de Quito, près du volcan Cotopaxi, dans le cadre de leur mobilisation, a indiqué un porte-parole de la police. «Nous n'avons à déplorer aucun acte de violence», a-t-il ajouté.
«Pour le bien du pays, Lucio Gutierrez devrait démissionner», a déclaré lundi au quotidien «Hoy de Quito» Leonidas Iza, président de la puissante Confédération des Nations indiennes d'Equateur (CONAIE).
Ancien militaire âgé de 46 ans, Lucio Gutierrez avait rompu avec la CONAIE en août dernier, limogé ses ministres indiens et négocié avec le Fonds monétaire international (FMI) l'octroi d'un crédit de 205 millions de dollars à l'Equateur. Il a ainsi l'intention de poursuivre le remboursement sa dette extérieure publique de 11,3 milliards de dollars.
Quelque 40 % des 12,2 millions d'habitants de ce pays andin sont des Indiens parlant leur langue vernaculaire, le quechua, et faisant partie des 79 % d'Equatoriens plongés dans la pauvreté. La mobilisation de 10 000 Indiens, appuyés par Lucio Gutierrez, à Quito avait provoqué un coup d'Etat le 21 janvier 2000 et contraint le président (démocrate chrétien), Jamil Mahuad, à démissionner.