Les insurgés haïtiens sont revenus en force hier en début de soirée au Cap-Haïtien (nord), la deuxième ville du pays, qu'ils avaient abandonnée lors d'un repli tactique dans l'après-midi. La prise de cette ville d'environ un million d'habitants a fait trois morts. Ils contrôlent désormais près de la moitié du pays.
La progression des rebelles a accéléré les efforts des diplomates pour associer l'opposition au pouvoir et trouver une issue politique à la crise, ont indiqué des sources diplomatiques. Les médiateurs incluant des représentants de la Caricom (Communauté des pays de la Caraïbe), des Etats-Unis, de France, du Canada, de l'Union européenne et de l'Organisation des Etats Américains (OEA) ont annoncé aux leaders de l'opposition qu'ils étaient prêts à envisager un départ du président Aristide, s'il ne se conformait pas à un partage du pouvoir proposé à l'opposition. L'opposition a jusqu'à lundi soir 22H00 GMT (23H00 heure belge) pour dire si elle accepte finalement ce plan, qu'elle a refusé jusqu'à maintenant.
Ce plan, que le président Aristide a accepté hier, prévoit la nomination d'un nouveau Premier ministre indépendant et que le gouvernement puisse assumer des pouvoirs qui relevaient jusqu'ici du président. Et une déclaration en cinq points serait rendue publique si l'opposition l'accepte. Si le président Aristide ne se conformait pas à un véritable partage du pouvoir, les médiateurs ont alors prévu "des changements politiques supplémentaires", ont indiqué ces sources diplomatiques.
Du côté des rebelles, le "commandant en chef militaire" des insurgés haïtiens, Guy Philippe, a annoncé hier qu'il serait à Port-au-Prince "avant deux ou trois jours" si le président Aristide n'abandonne pas le pouvoir.